52                                                REGISTRES DU BUREAU                                           [i55a]
LXXVI et LXXVII. — [Lettres au Roï et à Monseigneur le Connestable.]
27 octobre i552. (B fol. 39 r°.)
Du xxvii6.
Ce jourd'uy ont esté escriptes lettres au Roy et à Monseigneur le Conestable, desquelles la teneur ensuit.
27 octobre. Au Roy.
k Sire, plusieurs plainctes sont venuz à nous de ce que, soubz umbre de quelques sauf conduictz que par cidevantont esté donnez aux marchans estrangiers, mesmes à quelques uns d'Arras, Cambray, Tournay et d'autres lieux, ilz Iraficquent et négocient public­quement en vostre Royaulme, mesmes en ceste ville, et peuvent faire par ce moyen plusieurs advertisse-mens et révélations.
"Nous en avons adverty Mons' le révérendissime Cardinal de Bourbon, qui a trouvé bon les bailler et faire bailler en garde affin de les faire traitter plus doulcement ; mais ilz ne s'en contentent pas et demandent à joyr plainement et entierement de leur sauf conduit. Nous pensons bien que mond. Sr le Cardinal vous en a peu advertir ou advertira bien tost; sy esse qu'il nous a semblé de nostre part que nous ne debvions obmettre à vous en escripre, pour y estre par vous pourveu ainsi que vous entendrez trop mieulx debvoir estre faict par raison.
"Sire, nous prirons nostre Createur vous donner sa grace, et en santé trés longue et trés heureuse vie.
"A Paris, ce xxvuc jour d'Octobre mil v° lu.
"Voz trés humbles et trés obéissans subjectz et serviteurs,
«Les Prevost des Marchans et Eschevins de Paris, n
A Monseigneur, Monseigneur le duc de Monmoranci,
PAIR ET CONESTABLE DE FRANCE.
27 octobre.
"Monseigneur, il y a plusieurs marchans des pays d'Arthoiz, Cambray, Tournay et autres pays estranges, qui traficquent et négocient en ceste ville de Paris et lieux circonvoysins en aussi grande as­seurance et liberté, voire plus grande, que s'ilz estoient en leurs pays; et se deffendent et veullent saulver soubz umbre de quelques sauf conduictz, qu'ilz disent avoir obtenuz du Roy pour eulx et au­cuns de leurs compaignons associez. De cela viennent plusieurs plaintes et doleances, et nous dict on pu­blicquement que ce sont vrays espies et qu'ilz peuvenl donner plusieurs advertissemens à noz en­nemys.
"Nous en avons adverty Monseigneur le Cardinal de Bourbon, qui a trouvé raisonnable les arrester en ceste ville et bailler en garde à leurs hostes.
"Pour le regard d'aucuns eulx, nous sommes in­cessament poursuyvis de les laisser joir paisiblement de leursd, sauf conduictz, dont nous avons bien voulu advertir le Roy et vous, affin d'estre pourveu sur le tout et pour l'advenir, ainsy que vous le pourrez trop mieulx adviser.
"Monseigneur, nous prirons nostre Createur qu'il vous doint en santé bonne vie et longue.
"A Paris, le xxvn" jour d'Octobre mil \c lu.
"Voz trés humbles obéissans serviteurs,
"Les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris."
LXXVIII. — [Mandemens pour la fortification de la Ville.]
3i octobre i552.(B fol. 4or°.)
Du dernier jour d'Octobre mil v'lu.
"Il est enjoint à m° Guillaume Guillain, m* des ouvraiges de maçonnerye de la ville de Paris, de faire estouper et clore de muraille, le plus prompte­ment que faire se pourra, ung huis percé dedans les murailles de ladicte ville viz à viz du pont leviz de la Bastile, par lequel l'on sort de la ville aux
champs par le travers du fossé, ad ce que cy après aucun ne puisse sortir ny aller par led. huis.
"Faict au Bureau de ladicte Ville, le dernier jour d'Octobre mil v° lu. n
"Il est ordonné à maistre Pierre Gohory, Quarte-